Zombieland universitaire ?

6 05 2013

Zombies in the Academy (sous-titré Living Death in Higher Education) est un livre collectif qui vient apparemment de sortir, croisé parmi des lectures multiples. Curieux au premier abord, le rapprochement qui lui sert de trame, à bien y regarder, peut apparaître assez pertinent, ou au moins donne de quoi stimuler la réflexion, en l’occurrence sur un certain nombre d’évolutions dans le système universitaire et sur des tendances qui s’avèrent diffuses à l’échelle internationale.

Zombies in the AcademyCe dernier serait-il donc envahi par les zombies ? Toute vie véritable aurait-elle ainsi quitté les campus et été remplacée par une espèce d’état intermédiaire au-delà ou en-deçà de la mort ? Peut-être pas. Pas complètement au moins, mais d’autres symptômes sont repérables. La métaphore apporte alors un éclairage différent sur les pratiques en vigueur et en développement dans le monde académique et universitaire. Les missions de l’université ont muté. La bureaucratisation a tendance à vider les énergies individuelles, notamment cette bureaucratisation liée au culte contagieux de l’évaluation (des chercheurs, des laboratoires, des diplômes, des établissements, etc.). Pour les chercheurs, les règles qui prévalent ressemblent de plus en plus souvent à celles de la compétition pour la survie (Publish or perish !), indexée de surcroît à des indicateurs chiffrant leur taux de publication et de citation. Les cloisonnements disciplinaires sclérosants (malgré les discours trompeurs sur l’interdisciplinarité) empêchent de voir les évolutions du monde, et s’aventurer aux marges de sa discipline suppose de ne pas accorder d’attention aux considérations de carrière (mieux vaut avancer sans trop dévier). La précarisation affecte une part importante du personnel, y compris pédagogique, dont l’existence se trouve d’autant fragilisée. Les méthodes d’enseignement restent quasiment les mêmes bien qu’elles ne soient probablement plus adaptées à l’époque. Même la loi LRU du début de la présidence Sarkozy (Loi relative aux libertés et responsabilités des universités du 10 août 2007), loi qui était censée être morte, continue à vivre, sous une forme prolongée, malgré les promesses électorales et un changement de majorité gouvernementale.

La contagion peut-elle être enrayée ? Le corps universitaire est-il condamné à la nécrose et à la décomposition ? Il va peut-être falloir regarder les zombies différemment. À moins d’en être déjà un…


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21 05 2013
De Pécresse en Fioraso… | Bouillaud's Weblog - bloc-notes d'un politiste

[…] Pécresse". A dire vrai, loin d’être une exception française, il s’agit de tendances mondiales qui tendent à réduire, partout dans le monde occidental, l’Université à n’être […]

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